La Maison-Blanche
Le 14 juin 2021
Siège de l’OTAN
Bruxelles, Belgique

MONSIEUR LE PRÉSIDENT : Bonsoir. Avant de passer aux réunions d’aujourd’hui, j’aimerais dire un petit mot sur la lutte que nous menons actuellement contre la COVID-19 chez nous.

Nous avons fait d’énormes progrès aux États-Unis. Une grande partie du pays revient à la normale, notre croissance économique est la plus rapide du monde, et le nombre de cas et de décès diminue de façon spectaculaire. Mais trop de vies sont encore perdues.

Nous avons encore dû déplorer en moyenne au cours des sept derniers jours 370 décès par jour – 370 morts. C’est nettement moins qu’au plus fort de cette crise, mais il s’agit tout de même d’une véritable tragédie. Nous approchons d’une triste étape : près de 600 000 personnes ont perdu la vie à cause de la COVID-19 en Amérique.

Mes pensées vont vers tous ceux qui ont perdu un être cher. Je connais ce trou noir qui semble vous consumer, qui submerge votre poitrine quand vous perdez quelqu’un qui est proche de vous et que vous adoriez.

C’est pourquoi je ne cesse de répéter à l’Amérique : si vous n’avez pas été vacciné, faites-vous vacciner. Faites-vous vacciner dès que possible. Nous avons beaucoup de vaccins, beaucoup de sites. Il nous reste encore du travail à faire pour vaincre ce virus, et ce n’est pas le moment de baisser notre garde. Alors, s’il vous plaît — s’il vous plaît, faites-vous vacciner dès que possible. Nous avons assez souffert. Assez de douleur.

Mes amis, je sais qu’il est plus de 21h30, heure de Bruxelles – 21h30, et je suis toujours à l’OTAN. Vous vous en réjouissez tous. Je sais. (Rires.)

Mais j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs dirigeants récemment, et j’ai eu des conversations téléphoniques avec d’autres. Cette journée a été incroyablement productive.

Je viens de terminer une réunion avec le président turc Erdoğan. Nous avons eu une réunion positive et productive, en grande partie en tête-à-tête. Nous avons eu des discussions détaillées sur la façon de procéder sur un certain nombre de questions. Nos deux pays ont des programmes ambitieux. Nos équipes vont poursuivre nos discussions, et je suis convaincu que nous ferons de réels progrès avec la Turquie et les États-Unis.

Mais je tiens maintenant à remercier le secrétaire général Stoltenberg d’avoir conduit aujourd’hui un sommet de l’OTAN très réussi.

J’ai eu l’honneur de donner le coup d’envoi de la discussion d’aujourd’hui entre les 30 pays, et j’ai souligné que nous sommes confrontés à une crise sanitaire mondiale unique depuis un siècle. Simultanément, les valeurs démocratiques sur lesquelles repose notre Alliance sont soumises à des pressions croissantes tant de l’intérieur que de l’extérieur. La Russie et la Chine s’efforcent toutes deux de susciter des divisions au sein de l’Alliance transatlantique. Nous assistons à une augmentation des cyberactivités malveillantes.

Mais notre Alliance est la base solide sur laquelle nous pouvons poursuivre l’édification de notre sécurité collective et de notre prospérité commune.

Et j’ai mis un point d’honneur à préciser que l’engagement des États-Unis à l’égard de l’article 5 du Traité de l’OTAN est solide comme un roc et inébranlable. C’est un engagement sacré.

L’OTAN est unie. C’est ainsi que nous avons fait face à toutes les autres menaces dans le passé. C’est notre plus grande force face aux défis de l’avenir – et il y en a beaucoup.

Et tout le monde dans cette salle aujourd’hui a compris que l’Amérique est de retour et s’en réjouit, très franchement.

Nous avons parlé des comportements agressifs de la Russie qui constituent une menace pour l’OTAN et pour notre sécurité collective.

C’est pourquoi j’ai rencontré les 9 de Bucarest — les alliés du flanc est — avant ce sommet. Et aujourd’hui, j’ai également rencontré les dirigeants des trois États baltes: l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

J’ai communiqué à nos Alliés le message que je transmettrai au président Poutine : que je ne cherche pas un conflit avec la Russie, mais que nous réagirons si la Russie poursuit ses activités malveillantes et que nous ne manquerons pas de défendre l’Alliance transatlantique ou de défendre les valeurs démocratiques.

En tant qu’Alliés, nous avons également affirmé notre soutien sans cesse renouvelé à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Nous avons convenu de poursuivre nos étroites consultations en matière de dissuasion nucléaire, de contrôle des armements et de stabilité stratégique.

Et on a constaté un consensus solide au sein des dirigeants lors de cette réunion sur l’Afghanistan. Nos troupes rentrent chez elles, mais nous avons convenu que notre engagement diplomatique, économique et humanitaire envers le peuple afghan et notre soutien aux forces de défense et de sécurité nationales afghanes restent inchangés.

Et je me réjouis que nos Alliés et nos partenaires reconnaissent que les efforts de lutte contre le terrorisme doivent se poursuivre pour faire en sorte que l’Afghanistan ne redevienne plus jamais un lieu sûr où préparer des attentats contre nos pays, alors même que nous nous attaquons aux réseaux terroristes au Moyen-Orient et en Afrique.

Et je me réjouis profondément qu’en tant qu’Alliance, nous ayons adopté un plan de grande envergure pour faire en sorte que l’OTAN puisse relever les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui et serons confrontés à l’avenir, pas hier — le programme de l’OTAN à l’horizon 2030 — et que nous ayons convenu d’y affecter toutes les ressources nécessaires.

La dernière fois que l’OTAN a mis au point un plan stratégique, c’était en 2010. Nous considérions alors la Russie comme un partenaire et la Chine n’était même pas mentionnée.

Nous avons parlé des défis systémiques à long terme que les activités de la Chine présentent pour notre sécurité collective aujourd’hui.

Nous avons convenu d’en faire davantage pour accroître la résilience de nos infrastructures essentielles partout dans le monde, notamment celles des prestataires de services de télécommunications de confiance, des chaînes d’approvisionnement et des réseaux énergétiques.

Nous avons convenu de renforcer notre coopération avec nos partenaires démocratiques de l’Indo-Pacifique pour relever les défis dans cette région.

Nous avons également approuvé une nouvelle politique de cyberdéfense – la première de l’OTAN depuis sept ans – qui vise à améliorer la capacité collective de défense face aux menaces des acteurs étatiques et non étatiques contre nos réseaux et nos infrastructures critiques.

Et nous avons adopté un plan d’action pour la sécurité climatique – ce que l’on pensait que nous ne ferions jamais il y a quelques années – pour réduire les émissions des installations de l’OTAN et nous adapter aux risques sécuritaires dus au changement climatique, sans compromettre nos capacités de dissuasion et de défense de pointe contre les menaces.

Enfin, nous avons convenu que l’une des missions communes les plus importantes consiste à redynamiser et renforcer la résilience de nos démocraties, sachant que nous devons prouver au monde et à nos propres populations que la démocratie peut encore l’emporter sur les défis de notre époque et répondre à leurs besoins.

Nous devons éradiquer la corruption qui siphonne nos forces, nous protéger de ceux qui attiseraient la haine et la division à des fins politiques – ce populisme hypocrite, investir dans le renforcement des institutions qui sous-tendent et protègent les valeurs démocratiques qui nous sont chères, ainsi que dans la protection de la liberté de la presse et l’indépendance des systèmes judiciaires. Tous ces points étaient à l’ordre du jour.

J’entends ainsi prouver que la démocratie et notre Alliance peuvent encore permettre de surmonter les défis de notre époque et de répondre aux besoins de nos populations.

Dans 25 ans, on jugera notre réponse à ce défi, parce qu’il y a beaucoup d’autocraties qui tablent sur leur capacité à agir plus rapidement et efficacement que les démocraties dans un monde toujours plus compliqué. Nous avons tous conclu que nous allions leur prouver le contraire.


Voir le contenu d’origine : https://www.whitehouse.gov/briefing-room/speeches-remarks/2021/06/14/remarks-by-president-biden-in-press-conference-3/ 

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

U.S. Department of State

The Lessons of 1989: Freedom and Our Future