Département d’État des États-Unis
Antony J. Blinken, secrétaire d’État
Le 29 novembre 2023

Siège de l’OTAN
Bruxelles, Belgique

LE SECRÉTAIRE BLINKEN :  Bonjour, tout le monde.

En mars 2021, je suis venu ici à l’OTAN pour affirmer l’engagement du président Biden à reconstruire, revitaliser et redynamiser nos alliances et partenariats fondamentaux. Ils forment en effet notre plus grand atout stratégique : un réseau inégalé d’alliances et de partenariats.

Je l’ai fait à l’OTAN parce qu’à l’époque certains remettaient en question sa pertinence, sa capacité, son unité.

En ce jour où nous nous réunissons à Bruxelles, il est clair que ceux qui avaient parié contre l’OTAN ont fait fausse route.

L’OTAN est aujourd’hui plus grande, plus forte, plus unie, plus capable que jamais.

À Vilnius, les dirigeants de l’OTAN ont adopté les plans les plus ambitieux depuis la fin de la guerre froide pour adapter et renforcer notre Alliance. Et nous sommes en train de concrétiser ces plans.

Dix-neuf Alliés de l’OTAN sont en phase avec leur engagement pris au Pays de Galles ou ont élaboré des plans crédibles pour y parvenir d’ici à 2024. En d’autres termes, ils consacrent 2 % de leur budget aux dépenses de défense. Cela représente les deux tiers de notre Alliance.

Les Alliés accroissent leurs contributions sur le plan des forces et d’autres capacités.

Nous travaillons ensemble pour renforcer notre capacité de défense industrielle commune. Nous avons accueilli notre 31e Allié, la Finlande, et le 32e, la Suède, sera bientôt parmi nous.

L’OTAN continuera de s’adapter pour faire face aux défis et aux menaces du XXIe siècle, qu’il s’agisse de l’agression russe, de la coercition de la Chine, des défis dans le cyberespace, du terrorisme, bref, de toute la gamme des enjeux dont nous devons nous soucier en tant qu’Alliance.

En fait, c’est cette capacité d’évolution qui a fait de l’OTAN l’Alliance indispensable au monde depuis 75 ans, et les mesures que nous avons prises à Vilnius, et ici ces deux derniers jours, préparent l’OTAN à conserver sa place d’Alliance indispensable au cours des 75 prochaines années.

Les réunions qui ont eu lieu cette semaine se sont concentrées sur les mesures critiques que nous pouvons prendre pour faire progresser la revitalisation de l’OTAN en prévision du sommet historique de Washington, le sommet du 75e anniversaire, qui aura lieu l’année prochaine.

Tout d’abord, nous nous sommes concentrés sur le soutien et l’engagement durables de l’OTAN envers l’Ukraine. Et je dois vous dire, ayant écouté tous nos collègues autour de la table, que chacun d’entre eux a exprimé un soutien robuste et durable à l’Ukraine.

Certains se demandent si les États-Unis et les autres Alliés de l’OTAN doivent demeurer solidaires de l’Ukraine en ce deuxième hiver de la brutalité de Poutine. La réponse donnée aujourd’hui à l’OTAN est claire et immuable : nous devons continuer de soutenir l’Ukraine, et nous le ferons.

Faire en sorte que la guerre d’agression de la Russie reste un échec stratégique s’avère une nécessité aussi vitale aujourd’hui que lorsque le Kremlin a lancé cette guerre il y a près de deux ans.

Nos adversaires ne se tiennent pas à l’écart. La plupart des drones qui ont été utilisés lors de la plus grande attaque du genre jamais menée contre Kiev, le week-end dernier, ont été fabriqués et fournis par l’Iran. La Corée du Nord effectue d’importantes livraisons d’armes à la Russie. Les enjeux pour nous tous sont clairs. Et je le répète, je l’ai entendu de la part de tous les participants autour de la table. Nous devons envoyer un message sans équivoque : il est hors de question qu’un pays, quel qu’il soit, puisse redessiner ses frontières par la force. C’est la position de chacun des Alliés présents autour de la table ; c’est la position de nombreux pays au-delà de cette Alliance, avec lesquels nous travaillons depuis février 2022.

C’est également la raison pour laquelle nous accélérons les efforts visant à permettre à l’Ukraine de tenir bon avec ses propres ressources, militairement, économiquement, démocratiquement.

Tout en soutenant le combat de l’Ukraine aujourd’hui, nous l’aidons à construire une armée capable de décourager les agressions et de se défendre contre elles à l’avenir. La demande de crédits supplémentaires formulée par le président témoigne de notre engagement envers cet objectif, et nous attendons du Congrès qu’il y donne une suite favorable dans les semaines à venir.

Un autre point essentiel mérite d’être souligné, et tout ce que j’ai vu ces deux derniers jours ici me l’a confirmé : quand il est question de l’Ukraine, les États-Unis ne sont pas seuls. Nous avons fourni environ 77 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine ; nos Alliés européens ont contribué à hauteur de plus de 110 milliards de dollars au cours de la même période. Nous parlons donc souvent du partage du fardeau et de l’impératif de partage du fardeau. Quand il est question de l’Ukraine, c’est clairement ce que nous avons vu et ce que nous continuons de voir.

L’Ukraine sait que son avenir en tant que démocratie libre et dynamique, et la voie menant à son accession à l’OTAN et à l’Union européenne, dépendent de ses efforts de réforme en cours, que Kiev s’est engagé à mener à bien. C’est également ce que son ministre des Affaires étrangères nous a dit aujourd’hui.

Telles sont quelques-unes des questions que l’Alliance a abordées avec le ministre des Affaires étrangères, M. Kuleba, et il s’agissait de la première réunion des ministres des Affaires étrangères du nouveau Conseil OTAN-Ukraine, l’Ukraine ayant place à la table de l’OTAN.

Nous avons également discuté du rôle actuel de l’OTAN dans la promotion de la paix et de la sécurité dans les Balkans occidentaux.

Lorsque j’ai commencé à travailler dans ce domaine il y a 30 ans, les Balkans – d’abord la Bosnie, puis le Kosovo – étaient au cœur de nos préoccupations et de celles des pays du monde entier, et certainement de la région transatlantique. Ce dont nous n’avons pas besoin, c’est d’un retour vers le futur pour ce qui est d’un conflit dans les Balkans.

L’OTAN a un rôle essentiel à jouer pour aider les États de la région à progresser sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne et, plus largement, sur celle de la stabilité en Europe. L’OTAN constitue depuis longtemps l’épine dorsale de la sécurité dans les Balkans occidentaux ; il continuera d’en être ainsi.

L’Alliance a réagi de manière décisive aux acteurs qui cherchent à déstabiliser le nord du Kosovo, comme nous l’avons vu cette année, en affectant des troupes supplémentaires à la KFOR. Nous approfondissons également notre collaboration avec la force dirigée par l’Union européenne en Bosnie-Herzégovine. Cela a été un autre aspect critique de notre conversation de ces deux derniers jours.

Ce soir, je pars pour Skopje en vue du Conseil ministériel de l’OSCE. Malgré les violations flagrantes par la Russie de tous les principes fondamentaux de l’Acte final d’Helsinki et ses efforts incessants visant à entraver les travaux de l’OSCE, les 50 autres États participants se sont montrés déterminés à poursuivre la mission de l’organisation, à savoir faire progresser la sécurité en Europe. Et c’est ce que nous continuerons de faire à Skopje.

De Skopje, nous nous rendrons en Israël, en Cisjordanie, puis aux Émirats arabes unis, où, en plus de participer à la COP, j’aurai l’occasion de rencontrer des partenaires arabes pour discuter du conflit à Gaza.

Notre retour dans la région a pour toile de fond la pause humanitaire que nous avons contribué à négocier avec le Qatar et l’Égypte, et qui a permis à des dizaines d’otages d’être libérés et de retrouver leur famille. Nous envoyons une aide humanitaire massive à Gaza pour veiller à ce que la population ait le nécessaire pour survivre.

Au cours des prochains jours, nous nous attacherons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prolonger la pause afin d’obtenir la libération de plus d’otages et d’acheminer davantage d’aide humanitaire.

Nous discuterons avec Israël de la manière dont il peut atteindre son objectif de veiller à ce que les attaques terroristes du 7 octobre ne se reproduisent plus jamais, tout en maintenant, voire augmentant, l’aide humanitaire – aussi bien qu’en atténuant les souffrances des civils palestiniens et en réduisant les pertes parmi eux. Nous poursuivrons nos efforts visant à éviter que le conflit ne s’étende. Et bien sûr, nous ne perdrons pas de vue la nécessité de permettre aux citoyens américains et à d’autres ressortissants étrangers de quitter Gaza en toute sécurité.

Enfin, nous chercherons à renforcer les principes que j’ai énoncés à Tokyo il y a quelques semaines dans la perspective du lendemain à Gaza, et à définir les mesures que nous et nos partenaires de la région pouvons prendre dès à présent pour jeter les bases d’une paix juste et durable.

Sur ce, je me ferai un plaisir de répondre à quelques questions.

M. MILLER : Tracy Wilkinson, du L.A. Times, pour la première question.

QUESTION : Bonjour. Merci, Monsieur le secrétaire.

LE SECRÉTAIRE BLINKEN : Merci.

QUESTION : Vous avez parlé de la force et de l’unité de l’OTAN, et vous avez également dit que certains se demandent si l’OTAN et les États-Unis doivent continuer à soutenir l’Ukraine au niveau où ils le font. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ? Quel était le niveau d’anxiété de certains de vos Alliés ici quant à l’engagement des États-Unis, compte tenu de ce qu’on entend dire dans certaines parties des États-Unis où il est question d’abandonner la cause de l’Ukraine, et compte tenu en particulier des changements politiques qui pourraient survenir l’année prochaine ?

Ensuite, si je peux vous poser une question sur la guerre entre Israël et Gaza. Dans quelle mesure a-t-elle éclipsé les débats ici, ou les a-t-elle influencés, ou a-t-elle joué un rôle dans les débats ici ?

Je vous remercie.

LE SECRÉTAIRE BLINKEN : Merci, Tracy. Je vais commencer par la deuxième partie de la question. Oui, nous avons certainement eu des conversations sur Gaza, mais cela n’a en rien diminué l’attention intense que nous avons portée ces deux derniers jours à l’Ukraine ainsi qu’aux Balkans occidentaux et à la préparation du sommet de l’OTAN qui se tiendra à Washington au printemps prochain.

En ce qui concerne l’Ukraine, permettez-moi de le répéter parce que c’était on ne peut plus clair en écoutant tous nos collègues autour de la table. De la part de pratiquement tous les pays, nous avons entendu, je l’ai entendu moi-même, un engagement fort et durable envers l’Ukraine chez les membres de l’Alliance, pour s’assurer qu’elle dispose de ce dont elle a besoin afin de se défendre, de reprendre les territoires qui lui ont été saisis par la Russie, mais aussi afin de se doter des moyens nécessaires qui lui permettront de tenir bon avec ses propres ressources militairement, économiquement et démocratiquement. Je n’ai entendu aucun sentiment de lassitude ou de repli, mais au contraire une détermination à toujours aller de l’avant.

Et il y a une bonne raison à cela. Je pense que tous les Alliés reconnaissent qu’il ne s’agit pas seulement de faire ce qui est juste, mais qu’il s’agit aussi d’une question d’intérêt personnel, y compris pour les États-Unis. Les Alliés ont clairement intérêt à défendre les principes fondamentaux qui sont au cœur de la Charte des Nations unies et qui sont violés de manière flagrante par la Russie, parce que ces principes sont importants pour notre paix et notre sécurité à nous. Comme nous l’avons dit à maintes reprises, si nous permettons à un pays comme la Russie d’agir en toute impunité pour redessiner les frontières d’un autre pays par la force, pour tenter de déterminer et de dicter l’avenir d’un autre pays, si cela se produit en toute impunité, alors c’est la chasse ouverte et tout agresseur potentiel, où qu’il se trouve, est susceptible de tirer des leçons de cette situation. C’est dire l’importance non seulement pour nous, mais aussi pour tous les pays présents autour de la table, de nous engager fermement aux côtés et en faveur de l’Ukraine. Et je n’ai rien entendu qui puisse suggérer le contraire.

En ce qui concerne les États-Unis, ce que je continue de constater et d’entendre, c’est un soutien bipartite à l’Ukraine dans les deux chambres du Congrès, et je pense que vous avez entendu le président de la Chambre des représentants, M. Johnson, en parler l’autre jour, ce qui est très encourageant. Nous avons encore du travail à abattre pour faire avancer la demande de crédits supplémentaires formulée par le président. Nous sommes déterminés à agir en ce sens. Et encore une fois, nous sommes déterminés à agir en ce sens parce que c’est clairement dans notre intérêt. Et le Congrès, à chaque fois que nous l’avons sollicité, s’est montré à la hauteur et a agi en conséquence, et nous comptons qu’il en sera de même à l’avenir – une fois encore, non seulement parce que c’est la chose juste à faire, mais aussi parce que c’est nécessaire pour promouvoir les intérêts des États-Unis.

M. MILLER : Joe Barnes, du Telegraph.

QUESTION : Merci. Joe Barnes, du Daily Telegraph. On a de plus en plus l’impression que les alliés occidentaux de l’Ukraine vont cesser d’aider l’Ukraine à mener une autre contre-offensive majeure, en changeant de stratégie pour aider l’Ukraine à tenir ses positions. Comment s’assurer que la prochaine stratégie adoptée par les alliés occidentaux ne poussera pas prématurément le président Zelensky et l’Ukraine à entamer des négociations de paix prématurées ?

Et deuxièmement, si vous me le permettez, pourrais-je avoir votre avis sur le plan de l’ancien secrétaire général Rasmussen qui permettrait à l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN, mais sans que les territoires occupés par la Russie ne soient couverts par l’Article 5 ?

Je vous remercie.

LE SECRÉTAIRE BLINKEN : Bon. Merci. Ce que vous décrivez n’est pas du tout ce que j’entends, ce que je vois, ni ce que nous faisons. Les pays de l’OTAN individuellement – et il y a maintenant plus de 50 pays, dont beaucoup sont, bien sûr, membres de l’OTAN et d’autres non, qui ont, pratiquement depuis le premier jour, participé pleinement à l’effort visant à s’assurer que l’Ukraine dispose de ce dont elle a besoin, non seulement pour se défendre contre l’agression russe en cours, mais aussi pour l’aider à reprendre le territoire dont la Russie s’est emparée. Cet engagement se poursuit, et rien n’a changé. Nous sommes déterminés à faire en sorte que l’Ukraine dispose de ce dont elle a besoin, y compris pour reprendre les territoires que la Russie lui a pris.

Parallèlement, il y a aussi – et je pense que c’est très important – un engagement de la part de nombreux pays à aider l’Ukraine à construire une force future qui pourra assurer la dissuasion et la défense contre une agression. Et ce point est d’une importance capitale, conjugué aux efforts que nous déployons dans d’autres domaines – par exemple, pour générer des investissements du secteur privé en Ukraine afin que son économie puisse continuer à croître, à se construire, et qu’elle ait ses propres ressources, ainsi que pour s’assurer qu’elle progresse sur la voie des réformes destinées à renforcer sa démocratie, ce qui sera énormément facilité par le fait que l’Union européenne est en discussion avec l’Ukraine sur le processus d’adhésion, et il va de soi que des réformes s’imposent en la matière.

Tout cela fait d’une pierre deux coups. Cela permet non seulement de s’assurer que l’Ukraine dispose des moyens nécessaires en ce moment pour faire face à l’agression russe, pour continuer à chercher à reprendre son territoire, mais cela permet aussi de préparer solidement l’Ukraine pour l’avenir afin qu’elle puisse tenir bon avec ses propres ressources – encore une fois, non seulement militairement mais aussi économiquement et démocratiquement. C’est la meilleure réponse que nous puissions apporter.

Et cela a aussi un autre effet : le principal obstacle à la résolution de cette agression, à la résolution de ce conflit, que personne ne souhaite plus que le peuple ukrainien, le principal obstacle, en fait le seul, c’est Vladimir Poutine. Et la mesure dans laquelle il pense, d’une façon ou d’une autre, pouvoir tenir plus longtemps que l’Ukraine, que son peuple, que ses partisans, est peut-être à l’origine du refus de la Russie de participer de manière significative à la diplomatie ou à des négociations.

Ainsi, le travail de cette Alliance, le travail des pays individuels qui en font partie, de même que celui de nombreux autres pays dans le monde qui soutiennent l’Ukraine, pour l’aider à se défendre et la préparer pour l’avenir, est le meilleur moyen de désabuser Poutine de cette idée particulièrement malavisée.

M. MILLER : Michael Crowley.

LE SECRÉTAIRE BLINKEN :  Oh, et en…

M. MILLER : Oh, désolé.

LE SECRÉTAIRE BLINKEN :  En… – je suis désolé, en ce qui concerne Rasmussen, je n’en ai pas parlé. Je pense que l’Alliance a été très claire à Vilnius : l’Ukraine deviendra membre de l’OTAN lorsque tous les Alliés seront d’accord et que les conditions seront remplies. C’est la politique en place. Cela a été clairement indiqué à Vilnius et clairement réaffirmé aujourd’hui.

M. MILLER : Michael Crowley, du New York Times.

QUESTION : Merci, Monsieur le secrétaire. Deux questions sur Gaza. La première est la suivante : étant donné le grand nombre d’otages qui ont encore d’énormes besoins humanitaires à Gaza, pensez-vous que la pause actuelle dans les combats devrait être considérablement prolongée malgré la crainte que cela ne permette au Hamas de se regrouper ? Et est-il possible que l’offensive d’Israël ne reprenne pas du tout ?

Et deuxièmement, vous avez souligné l’importance de poursuivre une solution à deux États pour une paix à long terme. Beaucoup de gens doutent que le Premier ministre Nétanyahou partage cette vision. Qu’en pensez-vous, et quelles sont les implications s’il ne la partage pas ?

LE SECRÉTAIRE BLINKEN : Merci, Michael. En ce qui concerne la pause, nous aimerions la voir prolongée parce qu’elle a permis avant tout la libération des otages, leur retour chez eux, la réunion avec leur famille. Elle nous a également permis d’acheminer une assistance humanitaire massive aux Gazaouis, qui en ont désespérément besoin. Donc, sa prolongation, par définition, signifie que davantage d’otages rentreraient chez eux et que davantage d’assistance parviendrait à la population.

C’est clairement quelque chose que nous voulons, et je crois que c’est aussi quelque chose qu’Israël souhaite. Il est extrêmement mobilisé sur le retour de ses ressortissants. Nous travaillons là-dessus. Comme vous le savez, nous travaillons là-dessus jour après jour, et je compte en discuter demain lorsque je serai en Israël pour des entretiens avec le gouvernement. De plus, nous avons d’autres collègues au sein du gouvernement qui travaillent intensément sur cette question.

En ce qui concerne la solution à deux États, je pense que nous avons été très clairs bien avant le 7 octobre, en fait dès le premier jour de cette administration : nous estimons que c’est la seule voie vers une paix durable, une sécurité durable, la préservation d’Israël en tant qu’État fort, sécurisé, démocratique et juif, et vers la réalisation des aspirations légitimes des Palestiniens à un État et à l’autodétermination. Je pense que les événements du 7 octobre ne font que confirmer cet engagement.

Mais tout cela est un processus sur lequel tout le monde devra se concentrer. En ce moment, tout le monde ne pense qu’au jour même, qu’à ce qui se passe à Gaza en ce moment. Mais nous devons fixer en même temps notre attention – et nous sommes en discussions avec de nombreux autres pays – sur ce que j’ai appelé le lendemain et le surlendemain. Par le lendemain, je veux dire ce qui se passera à Gaza une fois que la campagne sera terminée. Des questions importantes se posent en ce qui concerne sa gouvernance, sa sécurité, sa reconstruction. Il y a quelques semaines à Tokyo, j’ai exposé certains principes fondamentaux que nous considérons comme nécessaires. Mais il y a également le surlendemain, autrement dit comment pouvons-nous nous engager clairement sur une voie capable de répondre aux aspirations politiques légitimes du peuple palestinien. À notre avis, c’est la seule voie vers une paix durable, une sécurité durable pour tous, en commençant par Israël et les Israéliens.

Mais ce sont des discussions que nous poursuivrons dans les jours à venir, dans les semaines à venir, dans les mois à venir. Il y a un long passé ici. Mais je pense que le 7 octobre a eu pour effet, entre autres, de recentrer l’attention de nombreux pays dans la région et bien au-delà sur la manière dont nous pouvons aider Israël à s’assurer que cela ne se reproduise jamais. Et nous croyons qu’un élément de cet objectif consiste à mettre en place les conditions d’une paix et d’une stabilité véritablement durables. Et pour nous, la meilleure façon d’y parvenir passe par la solution à deux États.

M. MILLER : Et la dernière question revient à Alexander Baker, de De Telegraaf.

QUESTION : Merci, Monsieur le secrétaire. Comment les États-Unis perçoivent-ils l’ambition du Premier ministre néerlandais Mark Rutte de devenir le nouveau secrétaire général de l’OTAN ? Et est-ce que l’issue des élections néerlandaises constitue un obstacle ?

LE SECRÉTAIRE BLINKEN : Eh bien, d’abord, nous avons un seul secrétaire général à la fois, et en l’occurrence, nous avons un secrétaire général extraordinaire en ce moment en la personne du secrétaire général Stoltenberg. Je l’ai dit hier, je l’ai répété au Conseil : son leadership ces dernières années, à l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire de notre Alliance, a été tout simplement exceptionnel. Et encore une fois, les collègues autour de la table ont dit la même chose. Mais il a encore beaucoup de pain sur la planche en perspective du sommet de Washington, qui aura lieu dans plusieurs mois. Nous concentrons nos efforts avec la plus grande intensité sur cette question et sur la collaboration avec le secrétaire général pour nous assurer que le sommet sera fructueux et que l’Alliance continuera d’assumer les engagements pris par ses dirigeants, en particulier lors du sommet de Vilnius.

En ce qui concerne l’avenir et le prochain secrétaire général, je ne vais pas commenter les délibérations internes au sein de l’Alliance. Nous allons régler cela ; nous allons travailler ensemble. Et j’imagine qu’au sommet de Washington nous serons en mesure d’en parler de manière plus claire et plus directe. Merci.

M. MILLER : Merci à tous.


Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/secretary-antony-j-blinken-at-a-press-availability-42/

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

U.S. Department of State

The Lessons of 1989: Freedom and Our Future