Département d’État des États-Unis
Molly Phee, secrétaire adjointe
Bureau des Affaires africaines
Le 30 janvier 2024
Point de presse spécial 

MODÉRATEUR : Bonjour de la part du centre pour les médias de Bruxelles du département d’État. Je souhaite la bienvenue à tous ceux qui se joignent à nous pour le point de presse virtuel d’aujourd’hui. Nous sommes très honorés de nous trouver en compagnie de la secrétaire adjointe du bureau des Affaires africaines, Molly Phee. 

Je vous rappelle brièvement que le briefing d’aujourd’hui est enregistré. Et là-dessus, pourquoi ne pas commencer. Madame la secrétaire adjointe Phee, merci beaucoup d’être parmi nous aujourd’hui. Je vous cède la parole pour vos propos liminaires. 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINT PHEE : Merci, John, d’avoir contribué à organiser cette opportunité de parler avec des amis et des collègues de tout le continent. Merci à tous d’avoir pris le temps de me parler aujourd’hui. J’ai hâte de vous tenir au courant de la politique des États-Unis en Afrique, et j’aimerais commencer par évoquer le récent déplacement du secrétaire Blinken sur le continent. Vous avez vu que nous nous sommes rendus dans quatre pays : le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et l’Angola. Cela a été une excellente occasion de constater l’impact des programmes et des activités des États-Unis et d’écouter nos partenaires nous faire part de leurs ambitions et de leurs préoccupations et des modalités d’une collaboration possible pour relever les défis du continent et du monde. 

Nous – le secrétaire, lorsqu’il était à Lagos, a dit quelque chose que je considère important et que j’aimerais souligner. Il a expliqué que, dans le passé, les États-Unis s’efforçaient de répondre aux attentes des Africains et que nous étudions désormais les modalités d’une association avec les Africains dans le cadre de nos activités. Il s’agit donc de passer d’une assistance, même si nous continuons à fournir de l’aide, à un véritable partenariat pour travailler ensemble à relever les défis, encore une fois, sur le continent et dans le monde entier. 

Donc, beaucoup de ses conversations ont porté sur l’engagement du président Biden et du secrétaire Blinken à faire entendre la voix de l’Afrique dans l’architecture internationale. Je pense que vous savez que le président Biden est un ardent défenseur d’un siège africain permanent au Conseil de sécurité. Les États-Unis ont fortement soutenu l’adhésion de l’Union africaine au G20, et notre secrétaire au Trésor, Janet Yellen, travaille d’arrache-pied pour faire en sorte que les institutions financières internationales soient plus représentatives des voix du 21e siècle et incluent les Africains dans des rôles de leadership. 

Nous avons également profité de l’occasion pour examiner notre bilan suite au Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique en décembre 2022. L’année dernière a été très productive, comme vous l’avez vu, avec de nombreuses visites sur le continent. En effet, nos déplacements nous ont amenés à suivre l’ambassadrice Thomas-Greenfield, qui s’est rendue au Libéria pour l’investiture ; Scott Nathan, le président de la Development Finance Corporation, qui a conduit la délégation américaine à l’investiture en République démocratique du Congo ; et je prévois que bientôt davantage de responsables se rendront sur le continent, notamment des membres du Congrès. 

Cela a donc été une excellente occasion de reprendre contact avec de bons partenaires et de discuter de la manière dont nous pouvons continuer à relever les défis communs, qu’il s’agisse de la sécurité alimentaire, de la sécurité sanitaire, de la sécurité physique, et des modalités de participation potentielle des Africains à ces conversations mondiales avec les autres dirigeants du monde. 

Je vais donc m’arrêter là et vous céder la parole, John, pour les questions. 

MODÉRATEUR : Merci beaucoup, Madame la secrétaire adjointe. Nous avons quelques mains levées, alors commençons par Pearl Matibe de Premium Times. Pearl, s’il vous plaît, allez-y. 

QUESTION : Bonjour, Madame la Secrétaire. J’apprécie vraiment le temps que vous nous consacrez aujourd’hui et votre allocution. J’aimerais revenir sur une chose que vous avez mentionnée, à savoir que vous prévoyez que des membres du Congrès se rendront également sur le continent. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce point, s’il vous plaît ? Il y a quelques jours à peine, le sénateur Risch, un chef de la minorité au Sénat, a fait des commentaires directs sur la visite du secrétaire Blinken en Afrique. Vous les avez peut-être vus. Sa critique, si vous voulez, c’est qu’il appelait cela une diplomatie pour s’amuser, qu’il n’y avait pas eu, à son avis – qu’il s’agissait plutôt d’une occasion manquée et qu’il y aurait peut-être dû y avoir une approche plus profonde et différente pour ce déplacement particulier. Maintenant, comme il est membre de la Commission des relations extérieures du Sénat qui exerce une fonction de surveillance, je me demande si vous pourriez nous en parler. Je sais que vous autres faites régulièrement des dépositions devant la commission. Qu’est-ce que vous en pensez ? Et est-ce que –pensez-vous, par exemple, qu’il se rendra sur le continent ? Mais merci beaucoup. J’apprécie vraiment ce dont vous nous avez déjà fait part précédemment. Merci.  

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Bien sûr. Eh bien, j’aimerais parler de ce dont le secrétaire Blinken a discuté avec ses partenaires en Afrique. Nous avons évoqué des priorités africaines, par exemple en matière d’infrastructures. Au Cap-Vert, nous avons eu l’occasion de constater l’impact positif des activités de la Millenium Challenge Corporation, par exemple au niveau du développement du port de Praia, qui est littéralement la porte d’entrée vers l’Afrique depuis les États-Unis pour le commerce. En Angola, nous avons eu l’occasion de discuter des importants travaux d’infrastructure que les États-Unis entreprennent pour relier la Zambie, la République démocratique du Congo et l’Angola via le port de Lobito, contribuant ainsi à ouvrir un marché d’exportation et également des activités secondaires – ainsi, par exemple, dynamiser l’énergie verte grâce à l’énergie solaire et contribuer également au développement agricole dans le même sens. 

Nous avons ainsi pu mettre en avant les instruments économiques dont disposent les États-Unis au service des ambitions de développement économique des pays africains : la Development Finance Corporation, la Millenium Challenge Corporation et, par exemple, l’US Export-Import Bank. Il s’agit donc d’activités essentielles pour les populations africaines, et elles ont des conséquences tout à fait significatives sur l’emploi et, encore une fois, sur le développement économique. 

Nous avons également eu l’occasion de nous concentrer sur un investissement américain important en matière de santé. Ainsi, par exemple, à Lagos, nous avons pu visiter un important centre pour la science et la recherche médicales qui a bénéficié de l’investissement du PEPFAR pendant de nombreuses années et qui se trouve désormais en mesure, grâce à l’investissement du PEPFAR, d’aider le Nigeria à faire face à une pandémie telle que la COVID. C’était donc, je pense, un effort sérieux et important. Nous avons également eu l’occasion de discuter à Lagos avec des personnes qui s’intéressent au développement de la participation de l’Afrique à l’économie numérique. Et nous cherchons à voir si nous pouvons collaborer sur les infrastructures, sur le développement du capital humain – en veillant par exemple à ce que les femmes et les jeunes aient accès à l’économie numérique – et nous entendons discuter des modalités d’un travail ensemble pour établir des normes mondiales en matière d’utilisation responsable de l’IA par exemple. 

On s’est bien amusés aussi. On est allés au Mondial – à la Coupe des Nations qui, comme vous le savez, se tenait la semaine où nous y étions. Le secrétaire a pu assister à un match à Abidjan et il a pu parler des matchs avec les partenaires africains, car tout le monde était mobilisé par ces questions. Et si on y pense, le football, c’est un peu comme la vie : parfois on gagne, parfois on perd. Ainsi, en travaillant en partenariat avec les gens, vous souhaitez travailler ensemble pour gérer les moments difficiles, mais vous souhaitez également célébrer les moments positifs. 

Merci. 

MODÉRATEUR : Merci, Madame la secrétaire adjointe. Nous avons en fait un appel provenant d’un numéro se terminant par 586 – ou 5687. Appelant, veuillez décliner votre identité, ainsi que celle de votre organe de presse. Essayons encore une fois. Il semble que – appelant, pouvez-vous nous entendre ? Cela ne semble pas fonctionner. Alors pourquoi ne pas passer à une question envoyée ? La première est celle de Pablo Moraga de l’agence de presse espagnole EFE basée au Kenya. Pablo pose la question suivante : « Le Niger, le Mali et le Burkina Faso – trois pays d’Afrique de l’Ouest dirigés par des militaires – ont annoncé leur retrait immédiat du bloc régional de la CEDEAO, accusant l’organisme de devenir une menace pour ses membres. Que pensent les États-Unis de cette décision ? » 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, merci pour cette question. Nous suivons de près l’évolution de la situation au Sahel et sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest. Et nous pensons qu’il est important que chacun se concentre sur le dialogue et la coopération. Nous savons que tous les peuples de la région de la CEDEAO sont préoccupés par la sécurité, ils sont préoccupés par la gouvernance, ils sont préoccupés par le développement économique, et nous espérons qu’ils pourront travailler ensemble pour trouver un terrain d’entente et rechercher des moyens communs de se soutenir mutuellement et de gérer ces défis. 

Je pense que vous savez que nous soutenons depuis longtemps les solutions aux problèmes impulsées par les Africains. Nous pensons qu’étant donné que certains États du Sahel sont enclavés, il est important pour eux d’entretenir de bonnes relations avec leurs partenaires de la côte ouest de l’Afrique. Nous encourageons donc le dialogue et la coopération. 

MODÉRATEUR : Merci, madame. Nous allons passer à un autre appelant – Nick Turse. Nick, s’il vous plaît, votre micro est allumé si vous avez une question. 

QUESTION : Oui. Merci d’avoir pris le temps de vous exprimer aujourd’hui, madame la secrétaire Phee. Lorsque nous nous sommes entretenus avant la visite, vous vous êtes dite certaine que le secrétaire d’État Blinken discuterait de la question des dommages causés aux civils avec le président et le ministre des Affaires étrangères du Nigéria. Pouvez-vous nous parler de la nature de leur discussion et de ses répercussions pour le Nigeria – c’est-à-dire quelle mesure le département d’État prendra-t-il si l’armée nigériane continue de porter préjudice aux civils ? 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Bien sûr, comme nous le faisons toujours lorsque nous rencontrons nos partenaires nigérians, nous discutons des moyens d’atténuer les dommages causés aux civils lorsque nous entreprenons des opérations complexes contre la menace terroriste que connaît le Nigeria – ainsi que la menace de Boko Haram et des bandits. Le secrétaire a également eu l’occasion de rencontrer des dirigeants civils pour parler de leur engagement à promouvoir les droits et les opportunités de différents groupes civils. Il s’agit donc d’un sujet qui reste un élément permanent de notre conversation avec le Nigeria, et nous cherchons des moyens, dans nos politiques et nos programmes, de favoriser le souhait du Nigeria de garantir que le pays soit sûr et sécurisé pour tous ses citoyens. 

QUESTION : Et les répercussions ? 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Je ne vais pas entrer dans des hypothèses, Nick. 

QUESTION : Merci. 

MODÉRATEUR : Merci, Madame la secrétaire adjointe. Nous allons passer à la question suivante, celle d’Halima. Halima G., s’il vous plaît, allez-y, et pourriez-vous également identifier votre organe de presse s’il vous plaît ? Merci. 

QUESTION : Bonjour. Oui. Halima Gikandi de l’émission de radio The World. Merci, Madame la secrétaire Phee. J’aimerais poser une question sur le Soudan. Les États-Unis sont critiqués pour ne pas avoir consacré suffisamment de ressources et de poids diplomatiques à la fin de la guerre au Soudan. Pouvez-vous s’il vous plait résumer ce que font actuellement les États-Unis et nous dire si un envoyé spécial américain au Soudan sera nommé, comme l’ont demandé des membres du Congrès ? Merci. 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, je comprends certainement que tout le monde soit frustré par la terrible situation au Soudan, les souffrances du peuple soudanais, la conduite irresponsable des dirigeants en matière de sécurité et leur mépris inexcusable pour la vie civile et les infrastructures. Donc, les États-Unis, à l’instar de leurs partenaires africains, arabes et d’autres partenaires internationaux, restent extrêmement préoccupés et engagés de diverses manières pour tenter de promouvoir un cessez-le-feu et le passage à un régime civil. Nous avons plusieurs diplomates de haut rang qui travaillent plus particulièrement sur les différents aspects du problème, et comme je l’ai déjà mentionné lors de ma déposition devant le Congrès, l’administration estime qu’il serait utile d’ajouter un envoyé à tous les efforts déjà en cours, mais je n’ai aucune annonce à vous faire à ce sujet pour le moment. 

MODÉRATEUR : Merci pour cela. Nous avons en fait un autre appelant qui lève la main – Nafisa Eltahir. Nafisa, veuillez identifier votre organe de presse. Merci. 

QUESTION : Bonjour. Je travaille pour Reuters. J’ai aussi une question sur le Soudan, je me demande simplement à ce stade : quelles sont, selon les États-Unis, les perspectives d’un cessez-le-feu, d’un éventuel accord entre les deux parties ? Les discussions officielles sont suspendues depuis au moins plus d’un mois, alors pouvez-vous nous donner une idée de la direction, selon vous, que prennent les choses ? Merci. 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, je peux vous dire que nous n’abandonnerons pas nos efforts pour promouvoir un cessez-le-feu, et je crois que là encore, de nombreux Soudanais – Africains, Arabes – et d’autres partenaires de la communauté internationale partagent cette conviction. Il existe de multiples pistes et de multiples efforts pour tenter de persuader les dirigeants, principalement des SAF et des RSF, de renoncer à leurs choix destructeurs et imprudents. Et nous continuerons à travailler là-dessus. 

John, j’aimerais vraiment que vous puissiez contacter les journalistes africains. C’est bien de parler aux médias internationaux, mais mon objectif pour cette session était de parler aux journalistes africains du continent qui, autrement, n’auraient peut-être pas accès au département d’État. Alors pouvons-nous le faire – pouvons-nous changer d’orientation ? 

MODÉRATEUR : Bien sûr. Ils n’identifient pas leurs organes de presse lorsqu’ils appellent, donc je ne suis pas sûr de leur identité, mais je peux certainement essayer. Je vais quand même transmettre une question posée par un journaliste du continent. L’Algérien Hamid Mecheri parle de la visite d’Abdel Fattah al-Burhan en République du Soudan et demande : « Existe-t-il un moyen pour l’Algérie de participer à la résolution du conflit au Soudan ? » 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, comme je l’ai déjà dit, je pense que la plupart des pays du continent, de la région et du monde entier sont dévastés par ce qui se passe au Soudan et souhaitent y mettre fin le plus rapidement possible. Nous apprécions donc toutes les contributions à cette campagne de pression. 

MODÉRATEUR : Merci. Et la suivante était celle de Tinashe Mpasari – Mpasiri d’Ini Africa Media en Afrique du Sud : « Faire face aux frontières du triple défi de la pauvreté, du chômage et des inégalités sur le continent africain n’est pas une tâche facile compte tenu de l’absence d’une compréhension commune de ce qu’est la richesse et de ce qu’elle n’est pas. Cela dit, êtes-vous d’accord pour dire que le contraire de la pauvreté n’est pas la richesse mais l’État de droit ? Si tel est le cas, comment pensez-vous que l’État de droit peut être affirmé sur le continent et que l’on peut accélérer le rétablissement du constitutionnalisme pour garantir une Afrique diversifiée, inclusive, progressiste et prospère ? » Une vaste question, là. 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, merci pour cette question. À mon avis, l’une des plus grandes forces des États-Unis d’Amérique a toujours été notre attachement à l’État de droit, et fondamentalement, l’État de droit signifie que chaque personne doit être traitée de manière égale devant la loi et donc avoir des chances égales. L’État de droit permet à chacun, quelle que soit son origine, d’avancer. Et cela signifie aussi que la corruption n’est pas acceptable. Je suis donc tout à fait d’accord sur le fait que l’État de droit est la pierre angulaire du développement économique, de la prospérité humaine et des opportunités. 

MODÉRATEUR : Super, merci. Nous reviendrons à un appel. Je ne peux pas être sûr qu’il ne s’agit pas de médias internationaux, mais nous avons un certain nombre de mains levées. Mouctar Balde, pourriez-vous, vous avez le micro. Pourriez-vous s’il vous plaît identifier votre organe de presse ? 

QUESTION : Oui, bonjour. Oui, je m’appelle Mouctar Balde de Guinéenews . Et ma question est la suivante : que fait l’administration Biden pour que le régime du général Mamady Doumbouya en République de Guinée réponde de son manquement au respect de la liberté d’expression ? Et je ne sais pas – en Guinée, cela fait presque deux ou trois mois qu’il n’y a pas d’accès à Internet et les stations de radio sont brouillées, et le régime en place arrête et exile les personnalités politiques de l’opposition. 

Et aussi comme vous le savez, parmi les migrants qui arrivent aux États-Unis, il y a beaucoup de jeunes Guinéens qui veulent désespérément quitter le pays à cause du régime militaire en Guinée. Et il semble que le gouvernement américain, et en plus de la France et des pays de l’Union européenne, c’est comme s’ils fermaient les yeux et comme s’ils lui donnaient carte blanche à ce qui se passe. Pendant ce temps, le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont été critiqués pour cela. Et je – je cherche ce que fait l’administration Biden pour lui demander des comptes.  

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, merci d’avoir soulevé les préoccupations concernant la gouvernance dans les États membres de la CEDEAO. En fait, Mouctar, je vous invite à consulter l’actualité. Cette semaine même, le secrétaire adjoint pour l’Afrique de l’Ouest, Michael Heath, est actuellement à Conakry, où il rencontre non seulement les dirigeants du gouvernement, mais aussi les dirigeants de la société civile, les dirigeants de l’opposition et d’autres pour réellement promouvoir la transition de la Guinée vers la démocratie. Nous pensons donc qu’il est important de dialoguer et de discuter – comme nous venons de le montrer ici dans cette conversation – de la manière dont l’État de droit, l’égalité, les opportunités, la stabilité et ainsi de suite peuvent contribuer au développement des États africains. C’est donc quelque chose – une question qui nous préoccupe toujours. C’est pourquoi Michael Heath est présent cette semaine pour avoir ces conversations et faire progresser les choses. 

Nous sommes conscients des défis auxquels les États du Sahel et des côtes d’Afrique de l’Ouest sont confrontés face aux terroristes. Nous comprenons les défis économiques qui résultent, par exemple, du changement climatique, de l’impact de la pandémie de COVID, de l’impact de la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine, car elle entraîne une augmentation des prix du carburant, des engrais, mais aussi des matières premières. Et tous ces facteurs de tensions rendent difficile le progrès des peuples et des gouvernements. Nous pensons qu’un système démocratique constitue la meilleure solution, car il offre le plus grand nombre d’opportunités et ouvre la voie à la paix et à la prospérité pour tous. Et cela restera la politique que nous préconisons. 

MODÉRATEUR : Merci, Madame la secrétaire adjointe. Passons à une autre main levée – Rageh Omaar. Rageh, pourriez-vous s’il vous plaît identifier votre organe de presse ? 

QUESTION : Bonjour, m’entendez-vous ? Oui, je m’appelle Rageh Omaar. Je viens d’ITV News ici au Royaume-Uni. Merci beaucoup de m’avoir permis de poser une question à la secrétaire d’État adjointe. Je suis arrivé un peu tard, donc désolé si quelqu’un l’a déjà posée. Mais j’aimerais vous demander votre réaction aux annonces entre l’Éthiopie et le gouvernement autoproclamé du Somaliland de la signature d’un protocole d’accord aux termes duquel l’Éthiopie louerait pour 50 ans une base navale sur la mer Rouge, à proximité du port de Berbera en contrepartie de la reconnaissance formelle du Somaliland en tant qu’État indépendant. Je sais que le département d’État a déclaré que vous reconnaissiez et réaffirmiez l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Somalie, mais cela pourrait être une question juridique, car la Somalie et le Somaliland ont reçu la pleine reconnaissance et l’indépendance, séparément, pendant six jours. 

Mais ma question fondamentale, Madame la secrétaire d’État adjointe, est la suivante : quelle est votre réaction à la déclaration du président Hassan Sheikh Mohamud et du Premier ministre de Somalie et d’autres membres du gouvernement fédéral de Somalie, selon laquelle la menace de la reconnaissance du Somaliland, qu’ils considèrent comme faisant partie de la Somalie, constitue un plus grand danger pour la Somalie et le peuple somalien qu’al-Shabab ? Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ? 

MADAMA LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Les États-Unis partagent le point de vue de l’Union africaine, de l’IGAD et d’autres organisations internationales, ainsi que de la majorité des partenaires africains sur le continent, selon lequel la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Somalie doivent être respectées. Nous partageons la crainte que ce mémorandum d’accord proposé ne puisse perturber grandement notre lutte commune, qui comprend les investissements éthiopiens depuis des années contre al-Shabab et son impact négatif sur le peuple somalien. Et nous soutenons les conversations entre les peuples de Somalie et du Somaliland sur leur avenir commun. 

MODÉRATEUR : Merci, madame. Une autre question de Victoria John-Mekwa de Channels TV au Nigeria. C’est la suivante : « M. Blinken avait indiqué lors de sa visite au Nigeria que les États-Unis souhaitaient travailler avec les acteurs technologiques du pays. Quelle forme cela prendrait-il et quel serait le plan correspondant ? » 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Eh bien, je pense que vous avez vu que nous avons eu l’occasion de visiter le siège de 21st Century Technologies à Lagos pendant notre séjour. Et nous partageons notre expertise et nos ressources et promouvons les liens entre le secteur technologique dynamique de Lagos et le secteur technologique dynamique des États-Unis. Et ce que nous constatons, c’est que lorsque nous combinons nos forces respectives, nous avons un impact considérable sur ce secteur. Et nous sommes vraiment enthousiasmés par ces échanges et nous continuerons à promouvoir le dialogue dans ce secteur. 

De nombreux investisseurs en capital-risque aux États-Unis se tournent vers Lagos et le Nigeria en raison des talents et des opportunités qui y existent, et nous pensons qu’il s’agit d’une frontière importante pour l’approfondissement de notre partenariat. 

MODÉRATEUR : Merci, Madame la secrétaire adjointe. Nous avons un dernier journaliste qui a la main levée, et nous n’avons presque plus de temps, ce sera donc la dernière question. Giulia Pompili – Giulia, s’il vous plaît, identifiez votre organe de presse, s’il vous plaît. 

QUESTION : Oui, merci. Je m’appelle Giulia Pompili du journal Il Foglio, Italie. Très rapidement, hier, notre Première ministre Meloni a accueilli plusieurs dirigeants africains pour présenter ce plan Mattei qui est la nouvelle frontière de notre coopération avec l’Afrique. Qu’en pensez-vous, en ce qui concerne également la présidence – la présidence italienne du G7 ? Merci. 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Bien sûr. Eh bien, nous respectons et admirons le travail de l’Italie avec l’Afrique, et nous nous réjouissons de l’opportunité offerte aux États africains de nouer des partenariats avec des amis et des pays partageant les mêmes idées dans le monde entier. Et nous nous réjouissons de la direction de l’Italie au sein du G7, où nous pourrons continuer à relever les défis communs. Je pense que vous savez que nous travaillons au sein du G7 pour améliorer les investissements dans les infrastructures africaines, et nous sommes impatients d’accélérer nos activités dans ce sens, sous la direction de l’Italie. 

MODÉRATEUR : Merci beaucoup, Madame la secrétaire adjointe. Malheureusement, c’est tout le temps dont nous disposons pour vous aujourd’hui pour cette session. Merci à tous pour vos questions. Et Madame la secrétaire adjointe Phee, merci beaucoup de vous être jointe à nous. 

MADAME LA SECRÉTAIRE ADJOINTE PHEE : Merci à tous pour votre écoute et votre engagement. Cela a été un plaisir. 

MODÉRATEUR : Nous enverrons prochainement les enregistrements audio du point de presse à tous les journalistes participants et fournirons une transcription dès qu’elle sera disponible. Nous aimerions également connaître vos commentaires et vous pouvez toujours nous contacter à TheBrusselsHub@state.gov. Merci encore pour votre participation et nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous à l’avenir pour un autre point de presse. Ceci conclut à la séance d’aujourd’hui. 


Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/online-press-briefing-with-assistant-secretary-of-state-for-african-affairs-molly-phee/  

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi. 

U.S. Department of State

The Lessons of 1989: Freedom and Our Future