Département d’État des États-Unis 
Centre médiatique de Bruxelles 
Le 28 novembre 2023 

MODÉRATEUR : Bonjour du centre médiatique de Bruxelles du département d’État. Je souhaite la bienvenue à tous ceux qui se joignent à nous pour ce point de presse virtuel d’aujourd’hui. Nous avons l’honneur d’être rejoints par l’ambassadeur Dr John Nkengasong, coordonnateur des États-Unis pour la lutte mondiale contre le sida et haut fonctionnaire du Bureau de la sécurité et de la diplomatie sanitaires mondiales au département d’État. 

Enfin, un petit rappel : le point de presse d’aujourd’hui est officiel, et sur ce, commençons. Monsieur l’Ambassadeur, merci beaucoup d’être parmi nous aujourd’hui. Je vous cède la parole pour votre allocution d’ouverture. 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Merci, John. Permettez-moi de commencer par vous présenter mes plus sincères excuses pour mon retard. La circulation a été tout simplement imprévisible et je ne m’attendais pas à être pris dans la circulation de cette manière. Mais merci à tous de participer au point presse d’aujourd’hui. J’apprécie l’opportunité de vous parler de la Journée mondiale de lutte contre le sida et du PEPFAR. 

C’est aujourd’hui la 35ème commémoration de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Chaque année, le 1er décembre, le monde se rassemble pour honorer les personnes que nous avons perdues et celles qui vivent avec le VIH/sida et sont touchées par celui-ci. Le thème de cette année est : 35ème Journée mondiale de lutte contre le sida, n’oublions pas et engageons-nous. Le thème revêt une signification particulière pour le Plan présidentiel d’aide d’urgence des États-Unis à la lutte contre le sida, ou PEPFAR, car nous célébrons le 20e anniversaire du PEPFAR et nous nous souvenons des progrès remarquables que nous avons réalisés au cours des 20 dernières années. Nous nous engageons par ailleurs à poursuivre la collaboration avec nos partenaires pour mettre fin au VIH/sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030.

La pandémie du VIH/sida a initialement eu des effets dévastateurs. En 2003, un diagnostic de VIH était une condamnation à mort. Nous le savons tous. Seulement 50 000 personnes environ recevaient alors en Afrique subsaharienne le traitement vital dont elles avaient besoin contre le VIH. La fabrication de cercueils était une industrie florissante et l’écrasante majorité des 15 millions d’enfants de moins de 18 ans qui ont perdu un parent ou les deux à cause du sida se trouvent en Afrique subsaharienne. 

À la fin des années 90, j’ai travaillé pour les Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis dans une station de recherche du CDC appelée Projet RETRO-CI à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Je me souviens avoir regardé par la fenêtre, au travail, et avoir vu des gens amener leurs proches mourants dans des brouettes et des taxis, et pleurer en les laissant dehors dans la cour parce qu’ils n’avaient pas les moyens de s’occuper d’eux. C’était déchirant. Et au plus fort de la pandémie, les États-Unis ont fait preuve de compassion et de leadership lorsque l’ancien président George W. Bush a annoncé la création du PEPFAR, un programme destiné à faire face à l’impact dévastateur du VIH/sida en Afrique subsaharienne. 

Cette décision audacieuse du président Bush, 20 ans de soutien bipartisan du Congrès et la générosité du peuple américain ont permis de sauver plus de 25 millions de vies, dont plus de 5,5 millions de bébés nés séronégatifs grâce au PEPFAR. Lors de ma récente visite au Cameroun, et dans d’autres pays partenaires du PEPFAR, je ne vois plus de rues bordées de cercueils ; je rencontre des mères qui suivent leur traitement vital et des bébés en bonne santé nés de ces mères. Lorsque vous tenez ces enfants dans vos bras, vous prenez conscience de l’avenir de ce pays et vous voyez notre générosité à l’œuvre. 

Le PEPFAR a changé le cours de la pandémie du VIH/sida au moyen du financement de programmes dans plus de 70 000 établissements et cliniques de santé communautaire et de la création d’environ 3 000 laboratoires, principalement en Afrique subsaharienne ; l’assistance à plus de 340 000 travailleurs de la santé ; de vastes systèmes de gestion de la chaîne d’approvisionnement ont été mis en place et sont largement utilisés pour faciliter le travail du PEPFAR et également pour aider les pays partenaires à répondre à d’autres besoins en matière de santé. Les pays partenaires du PEPFAR ont tiré parti de l’infrastructure pour répondre à d’autres menaces de maladies, notamment la COVID, l’Ebola, la Mpox, le choléra, la rougeole et bien d’autres. 

Malgré nos progrès remarquables, notre travail n’est pas terminé. En tant que communauté mondiale, nous devons continuer à travailler ensemble pour intensifier nos efforts pour mettre fin au VIH/sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, et veiller à pérenniser la réponse. 

Atteindre les populations clés, notamment les adolescentes et les jeunes femmes, les enfants, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les professionnel(le)s du sexe, les personnes incarcérées et vivant dans d’autres milieux fermés, sera essentiel pour garantir que les plus vulnérables aient accès aux services de prévention, de soins et de traitement du VIH. Et aider les pays partenaires du PEPFAR à atteindre les objectifs de traitement du VIH de l’ONU de 95-95-95, où 95 pour cent des personnes séropositives connaissent leur statut, 95 pour cent des personnes qui connaissent leur statut sont sous traitement et la charge virale est supprimée chez 95 pour cent des personnes sous traitement pour le VIH. 

Le leadership national grâce à un financement national accru et un engagement politique soutenu sont également essentiels pour mettre fin à la pandémie. Je me suis rendu dans près d’une douzaine de pays partenaires du PEPFAR depuis que je suis devenu coordonnateur de la lutte mondiale contre le sida, et j’ai vu d’excellents exemples de volonté et d’engagement politiques dont nous avons besoin, notamment au Nigeria et au Cameroun plus récemment. Le PEPFAR est l’engagement le plus important jamais pris par un pays pour lutter contre une seule maladie dans l’histoire et reste basé sur les données probantes. Il continue à s’inscrire dans le cadre de nos partenariats avec les pays soutenus par le PEPFAR pour mettre fin au VIH/sida en tant que menace à la santé publique d’ici 2030. 

Ensemble, nous pouvons franchir la dernière étape de cette lutte, continuer à sauver des vies et faire en sorte de ne jamais revenir aux premiers jours de la pandémie du VIH/sida. Merci pour votre collaboration, je vous rends la parole. 

MODÉRATEUR : Merci beaucoup, Monsieur l’Ambassadeur Nkengasong. Nous avons un certain nombre de questions soumises à l’avance, nous allons donc y répondre en premier lieu. 

La première, Monsieur l’Ambassadeur, est celle de Kate Bartlett de VOA en Afrique du Sud. Elle pose la question suivante : « Je comprends que les PrEP injectables devraient être déployées en Afrique du Sud l’année prochaine. Quand exactement cela se produira-t-il et comment ? Cela pourrait-il changer la donne pour le VIH en Afrique du Sud, et pourquoi ? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Je pense que c’est une très bonne question. Nous nous sommes engagés à travailler avec le gouvernement de l’Afrique du Sud et d’autres gouvernements de pays partenaires pour introduire la PrEP à action prolongée, CAB-LA. Nous considérons que cela nous permet d’accroître le nombre d’outils dont nous disposons à des fins de prévention. Nous nous trouvons à un tournant dans la lutte contre le VIH/sida, où la science continue d’évoluer, où l’innovation continue d’introduire de nouveaux outils sur le marché, et les injectables PrEP à action prolongée n’en sont qu’un exemple. Nous avons déjà acheté ces médicaments et les avons déjà expédiés dans plusieurs pays. Et l’Afrique du Sud en fera certainement partie, soit dans la première phase, soit dans la deuxième phase du programme. Merci. 

MODÉRATEUR : Merci, Monsieur l’Ambassadeur. La question suivante est celle de Didier Demassosso du Cameroun : « L’impact du VIH/ sida sur la santé mentale des patients est bien documenté. Cependant, tout récemment, en 2022, une étude conjointe de l’OMS et de l’USAID discute de l’importance d’intégrer la santé mentale dans les interventions contre le VIH. Nous savons également que la santé mentale est sous-financée en général. Alors, quelles mesures seront-elles mises en place pour financer la santé mentale dans la gestion du VIH ? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Didier, merci pour cette question. Nous, en tant que PEPFAR, nous reconnaissons que, et si vous avez lu les publications récemment, nous avons publié assez récemment un article dans le New England Journal dans lequel nous cherchons vraiment à accroître la visibilité de la question de la santé mentale et à l’intégrer dans notre prévention, nos soins et le programme de traitement du VIH. Nous savons qu’il s’agit d’un élément essentiel et nous savons que c’est un domaine qui n’a peut-être pas été développé comme il aurait dû l’être, mais qui est pourtant crucial et fondamental, en particulier dans la lutte contre le VIH/sida via ce système de 3 cascades. Qu’il s’agisse de personnes qui ne connaissent pas encore leur statut ou de personnes nouvellement diagnostiquées, principalement des jeunes ; qu’il s’agisse des personnes qui restent sous traitement et des personnes qui restent sous traitement pour garantir la suppression de leur charge virale, il faudra une bonne santé mentale dans l’ensemble de ces trois cascades. 

Nous, en tant que PEPFAR, continuerons donc à travailler sur ce sujet au cours de l’année et de l’année à venir afin de l’intégrer pleinement dans notre programmation. 

MODÉRATEUR : Merci, monsieur. La question suivante est posée par Esther Nakkazi, une journaliste indépendante ougandaise. La question est celle-ci : « Il existe de nombreuses options de prévention, notamment l’anneau de dapivirine, les ARV injectables. Ces produits sont disponibles et ont fait l’objet de recherches en Afrique, mais les gouvernements africains ne les utilisent pas en raison de leur prix. Les fonds du PEPFAR permettent-ils aux gouvernements d’utiliser ces options, ou veulent-ils les options les moins chères ? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Non, je veux dire, le PEPFAR soutient l’utilisation de médicaments qui ont été approuvés par des systèmes réglementaires appropriés, y compris bien sûr ceux qui ont été approuvés par la FDA et d’autres mécanismes. La chose la plus importante à laquelle nous devons penser, Esther, est de garantir la sécurité des patients ; ne pas créer de problème en – nous ne résolvons pas un problème en créant un autre problème. C’est pourquoi nous prenons vraiment très au sérieux notre responsabilité d’administrer uniquement des médicaments qui ont été entièrement approuvés par les organismes de réglementation autorisés. « Ne pas causer de tort » est le principe sur la base duquel nous travaillons. 

Donc je pense que, comme pour tout autre produit que vous connaissez, Esther, vous savez que ces produits sont généralement lancés à un prix élevé, mais graduellement, nous travaillons collectivement avec d’autres partenaires comme le Fonds mondial, la Clinton Access Initiative, pour faire baisser les prix. Et nous l’avons constaté à plusieurs reprises au cours des 20 dernières années avec plusieurs produits que nous utilisons aujourd’hui. Nous allons donc continuer à travailler dans ce sens et à réduire les prix. 

MODÉRATEUR : Merci, monsieur. Nous avons encore une question envoyée à l’avance. Et je rappelle juste aux journalistes connectés que vous pouvez lever la main à tout moment ou soumettre d’autres questions si vous le souhaitez. 

Dernière question soumise à l’avance. Tamar Kahn, Business Day, Afrique du Sud : « Il existe une certaine inquiétude dans les pays partenaires du PEPFAR dans la mesure où le Congrès n’a pas ré-autorisé le PEPFAR pour cinq années supplémentaires. Quelles assurances pouvez-vous donner aux pays partenaires selon lesquelles ils pourront continuer à compter sur le PEPFAR dans les années à venir ? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Le PEPFAR est déterminé à travailler avec les pays pour mettre fin au VIH/sida en tant que menace pour la santé publique. Oui, nous devons encore résoudre la question de la ré-autorisation de cinq ans demandée par l’administration Biden. Nous continuons de travailler avec les deux partis au Congrès et je reste optimiste quant à la poursuite du bon travail accompli au cours des 20 dernières années, guidé par un bipartisme solide. 

Il est toujours difficile dans une démocratie d’avoir les réponses quand on en a besoin, mais encore une fois, j’ai bon espoir que nous n’abandonnerons pas notre engagement et notre partenariat, et que le bon travail accompli par le PEPFAR, grâce au partenariat élargi avec les pays dans lesquels nous travaillons, parlera de lui-même. Nous montrons la preuve de l’impact de 25 millions de vies sauvées et de la naissance de plus de 5,5 millions de d’enfants sans le VIH/sida ; ce travail ne peut s’arrêter à ce stade. Le PEPFAR s’engage donc à travailler avec les pays pour finaliser cette lutte et faire en sorte que nous célébrions la fin du VIH/sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030. 

MODÉRATEUR : Merci, monsieur. Nous avons une autre question de Milliscent Nnwoka de Channels TV au Nigeria : « Existe-t-il des régions ou des populations spécifiques où les progrès dans la riposte au VIH ont été plus lents, et quelles mesures peuvent être prises pour garantir l’équité dans l’accès aux services de prévention, de traitement et de soins ? Alors que nous commémorons le 35ème anniversaire de la Journée mondiale de lutte contre le sida, quelle est votre vision de l’avenir de la riposte au VIH/sida, et quelles actions les personnes, les communautés et les gouvernements devraient-ils entreprendre pour réaliser cette vision ? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Non, absolument, et je pense que nous l’avons fait – notre objectif dans le cadre d’une nouvelle stratégie que nous avons lancée l’année dernière, il y a exactement un an, est d’identifier et de combler ces lacunes et nous – dans les populations prioritaires. Et quels sont ces populations qui connaissent – où nous voyons des défis importants, significatifs ? Il s’agit des enfants ; il s’agit des adolescentes et des jeunes femmes ; il s’agit également des populations clés. Je pense que nous devons continuer à identifier ces lacunes, à l’aide de données et de preuves scientifiques, puis, à mesure que nous les identifions, nous réduisons les écarts ; nous concentrons nos ressources, nos ressources limitées, là où se trouvent ces lacunes et rectifions la situation.  

Nous avons publié une stratégie il y a cinq ans et elle comprend cinq piliers clés. Le premier consiste à identifier la population prioritaire que je viens d’indiquer. Deuxièmement, il faut pérenniser la riposte, y compris au niveau politique, ce qui consiste à élever – continuer à promouvoir la question de la riposte au VIH/sida et la placer sur l’écran radar des dirigeants politiques des pays partenaires et des pays donateurs. Troisièmement, il faut renforcer – continuer à aider les pays partenaires à renforcer leurs systèmes de santé, puis nouer des partenariats, ce que j’appelle la transformation du partenariat, des partenariats qui prioriseront la lutte contre le VIH/sida et l’aligneront sur les domaines prioritaires que j’ai indiqués. Et enfin, continuer à se servir de la science et des données pour piloter la réponse. 

À la base de cela, il y a trois catalyseurs, à savoir le leadership communautaire, l’utilisation de l’innovation et la garantie que la science reste au centre – ou que la communauté reste au centre de la réponse. Il existe un leadership communautaire en matière d’innovation et la garantie que les données sont une arme dont nous restons très proches, car le PEPFAR reste un programme axé sur la science. 

MODÉRATEUR : Merci, Monsieur l’Ambassadeur. Nous venons de recevoir une autre question de John Musenze de New Vision, Ouganda. John demande : « Quelle est l’assurance du gouvernement des États-Unis concernant la durabilité des programmes PEPFAR dans les pays en développement comme l’Ouganda, compte tenu de l’évolution du paysage du financement mondial de la santé ? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Une très bonne question. La durabilité devrait être notre seule préoccupation, et pas seulement celle du gouvernement des États-Unis. Et je suis encouragé par le fait qu’au cours de mes récents voyages en Afrique et en Asie, j’ai pu constater l’engagement des plus hauts dirigeants politiques. J’étais au Nigeria et le vice-président s’est engagé à augmenter le financement national de la santé. J’étais au Cameroun et le ministre des Finances a pris le même engagement – en Eswatini, en Namibie et au Mozambique. 

Donc c’est ce que nous devrions tous faire ensemble dans un esprit de responsabilité commune afin de mettre un terme au VIH/sida en tant que menace pour la santé publique. Oui, le paysage mondial en ce qui concerne les besoins physiques, les choses que nous devons faire et qui nécessitent une augmentation du budget sont très nombreuses, notamment en ce qui concerne le changement climatique, les guerres, l’insécurité alimentaire et d’autres défis. Je pense que nous devons continuer à veiller à rester engagés dans la lutte contre le VIH/sida. 

Cela ressemble beaucoup au thème de cette année, qui – pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, est «  N’oublions pas et engageons-nous », car il évoque l’idée selon laquelle nous ne devrions jamais oublier d’où nous venons, que nous devrions toujours célébrer les succès que nous avons connus au cours des 20 dernières années et plus, mais nous devons nous en souvenir et nous engager à mettre un terme au VIH/sida. Et cela nécessite l’engagement de ressources financières, tant de la part des pays partenaires que des pays donateurs et des organismes multilatéraux, y compris le Fonds mondial. 

MODÉRATEUR : Merci, monsieur. Nous venons de recevoir une autre question de Rutendo Mawere du Zimbabwe. Je vais faire une petite interprétation ici. Je crois – il ou elle demande : « Quelle somme le PEPFAR utilise-t-il en Afrique pour résoudre le problème du VIH/sida », je pense, « historiquement ? » Et puis le reste de la question est le suivant : « Ce financement devrait-il cesser maintenant ou à terme pour que les gouvernements africains puissent poursuivre seuls la lutte contre le VIH et le sida? » 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Au cours des 20 dernières années, le PEPFAR a investi plus de 110 milliards de dollars – 110 milliards de dollars pour soutenir la lutte contre le VIH/sida, principalement en Afrique. Et chaque année, le PEPFAR investit environ 7 milliards de dollars pour aider les pays partenaires à répondre au VIH/sida, et cela comprend également une contribution que nous apportons pour inclure le Fonds mondial. 

Donc je pense que cela a été un investissement historique. Il s’agit de l’investissement le plus important jamais réalisé par un pays dans la lutte contre une seule maladie dans l’histoire des maladies infectieuses. Je pense que c’est historique en soi. Je travaille dans le domaine de la santé publique depuis 25 ans et je peux vous assurer que je n’ai jamais vu un investissement aussi massif. 

Le PEPFAR ne préconise pas que les ressources soient retirées aux pays pour qu’ils s’en chargent. Ce que nous disons, c’est que nous devons mobiliser des ressources, tant nationales qu’internationales, afin de mettre un terme à cette lutte. Et tout le concept de durabilité doit être vu dans l’optique d’une responsabilité conjointe du pays et des donateurs et d’une redevabilité conjointe. Ce que nous nous engageons à contribuer et la responsabilité que nous assumons, c’est que lorsque nous disons que nous engageons ces ressources, nous le faisons réellement et nous mesurons l’impact de ces ressources dans la lutte contre le VIH/sida. Je pense donc que c’est ce que nous devrions tous défendre. 

MODÉRATEUR : Merci beaucoup, Monsieur l’Ambassadeur. Cela me semble être un bon moment pour s’arrêter parce que nous n’avons plus de questions. Merci beaucoup, Monsieur l’Ambassadeur, d’être parmi nous aujourd’hui, et merci à tous les journalistes qui se sont connectés. 

Monsieur l’Ambassadeur, puis-je vous céder la parole pour un dernier mot ? 

MONSIEUR L’AMBASSADEUR NKENGASONG : Non. Merci, John, d’avoir coordonné cela, et permettez-moi, avant de conclure, de vous présenter encore une fois mes excuses pour le retard dû à la circulation à Washington. 

Je voudrais juste terminer en vous faisant part de quelques réflexions sur les 20 ou 25 dernières années et plus. J’ai travaillé dans le domaine du VIH/sida – personnellement, j’ai rejoint la lutte contre le VIH/sida en 1988. Et l’histoire du VIH/sida est celle de l’espoir, et si nous devons avoir un livre…une page de couverture d’un livre, ce serait ça. J’aimerais voir cela comme un cheminement du désespoir vers l’espoir. J’aimerais que vous tous, alors que vous célébrez la [3]5e Journée mondiale de lutte contre le sida, réfléchissiez au chemin que nous avons parcouru au cours des 25 dernières années environ, en particulier des 20 dernières années. 

J’aimerais que vous réfléchissiez à ces visites : vous alliez dans les hôpitaux en Ouganda, au Cameroun, au Kenya, au Nigeria et vous voyiez les services qui étaient remplis de personnes infectées par le VIH. Et il s’agissait de squelettes d’êtres chers alignés dans des lits d’hôpital auxquels il ne restait que la peau sur les os. Mais j’aimerais que vous retourniez et visitiez ces hôpitaux aujourd’hui ou cette semaine et que vous constatiez par vous-mêmes que vous n’y trouvez pas ces patients infectés par le VIH. C’est la joie, c’est l’espoir que j’apporte à cette conversation. 

Je garde également l’espoir que les succès que nous avons connus au cours des 20 dernières années continueront de nous guider et permettront que le prochain chapitre de la lutte contre le VIH/sida soit celui de l’espoir. Cela nous permettra de finaliser cette lutte et les populations les plus difficiles à toucher, c’est-à-dire la population que nous visons dans le cadre de la lutte actuelle contre le VIH/sida, la population clé que j’ai indiquée ou les populations prioritaires – les enfants, les adolescentes, les jeunes femmes et les populations clés seront continuellement un défi. Mais si nous restons – nous espérons et nous luttons avec solidarité – nous serons les gagnants dans cette lutte, et ce à l’horizon 2030. 

Merci donc à tous de vous être joints à moi pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre le sida aujourd’hui. 

MODÉRATEUR : Merci beaucoup, Monsieur l’Ambassadeur, pour ces réflexions. Nous enverrons sous peu un enregistrement audio du point presse à tous les journalistes participants et fournirons une transcription dès qu’elle sera disponible. Nous aimerions également que vous nous fassiez part de vos commentaires. Vous pouvez toujours nous envoyer un e-mail à TheBrusselsHub@state.gov. Merci encore pour votre participation et nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous pour un autre point de presse à l’avenir. Ceci met fin au point de presse d’aujourd’hui. 


Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/online-press-briefing-with-ambassador-at-large-dr-john-nkengasong-u-s-global-aids-coordinator-and-senior-bureau-official-for-global-health-security-and-diplomacy/  

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi. 

U.S. Department of State

The Lessons of 1989: Freedom and Our Future