Département d’État des États-Unis
Centre médiatique régional pour l’Afrique
Le 17 juin 2021
Extraits

Konyndyk : Merci beaucoup, Tiffany, et bonjour de Washington. Bonjour à tous ceux qui se trouvent en Afrique. C’est vraiment un grand plaisir de parler avec vous tous aujourd’hui du travail du gouvernement des États-Unis dans le cadre de la réponse à la COVID-19 en Afrique et pour également aider le monde entier à sortir de cette pandémie. Et le travail que le gouvernement américain et l’USAID facilitent en Afrique pour lutter contre la COVID-19 sera, je pense, utile et vital pour mettre fin à cette pandémie à la fois sur le continent africain et dans le monde entier, et il s’appuie sur des décennies d’expérience de l’USAID en matière d’organisation de réponses sanitaires mondiales complexes, de réponses complexes aux épidémies et de travail en partenariat avec les pays africains.

J’ai une certaine expérience puisqu’en 2014 et 2015, lorsque j’ai travaillé précédemment pour le gouvernement américain, j’ai aidé à diriger la réponse à l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest et j’ai pu constater l’intérêt du partenariat entre le gouvernement des États-Unis et ses homologues africains dans le cadre de la collaboration avec les trois gouvernements en Afrique de l’Ouest, la Sierra Leone, la Guinée, et le Liberia, qui ont été les plus durement touchés par cette épidémie. Et la leçon que j’en ai tirée très clairement, c’est qu’il s’agit vraiment d’une situation de partenariat, pas d’une situation de besoin. C’est un domaine dans lequel nous travaillons non pas principalement en tant que donateurs, mais essentiellement en tant que partenaires avec nos homologues africains. Et bien sûr, le Dr Nkengasong est l’un de nos principaux partenaires en Afrique. L’institution qu’il dirige a été créée en partie en réponse et en réaction à ce que nous avons vu avec l’Ébola en Afrique de l’Ouest, et il est tout simplement phénoménal, je pense, de disposer de ce genre de partenariat entre les États-Unis et les institutions africaines.

La semaine dernière, le président Biden a annoncé que les États-Unis feraient don d’un demi-milliard de vaccins Pfizer par le biais de l’initiative COVAX à l’UA et à d’autres pays à revenu faible ou intermédiaire qui font partie de l’engagement de marché avancé COVAX, les 92 pays de ce groupe. Il s’agit du plus grand don de vaccins de l’histoire par un pays et il réaffirme encore l’engagement de l’Amérique à sauver des vies et à aider le monde à sortir de cette pandémie.

Nous travaillerons avec COVAX à la distribution de ces vaccins et nous consulterons évidemment des partenaires en Afrique et le Dr Nkengasong et son équipe en ce qui concerne notre travail de vaccination sur le continent. Nous consultons également activement les CDC africains et l’Union africaine en ce qui concerne la distribution des 80 millions de doses de vaccins que nous avons précédemment annoncées, ce qui portera le total des dons de doses de vaccins des États-Unis jusqu’à présent à 580 millions dans le monde, entre le partage des vaccins américains et l’achat de nouveaux vaccins Pfizer. Et cela vient bien sûr s’ajouter aux 2 milliards que les États-Unis avaient déjà annoncés à titre de contribution à Gavi, l’alliance vaccinale pour la plateforme COVAX.

Nous travaillons également beaucoup dans les pays africains pour à la fois faciliter la réponse à la COVID-19 et faire face à certains des impacts de la pandémie sur la santé de manière plus large. Ainsi, à ce jour, les États-Unis ont mobilisé 541 millions de dollars dans 45 pays d’Afrique subsaharienne pour répondre à la pandémie de COVID-19. Ils permettent de financer le renforcement des institutions nationales de santé, la facilitation de l’accès à une aide essentielle et de la distribution des médicaments, la communication des risques, la préparation aux vaccins, la sensibilisation des communautés, l’amélioration de la surveillance et toute une gamme d’autres actions.

Nous fournissons également une aide non sanitaire, nous avons donc redirigé une grande partie de notre portefeuille de développement pour relever plus directement certains des défis posés par la COVID-19. Nous avons également apporté une assistance accrue dans le cadre de certaines des situations de crise humanitaire qui se sont aggravées en raison de la pandémie. Et je suis fier aujourd’hui d’annoncer que les États-Unis mobiliseront une aide supplémentaire de 91 millions de dollars pour la santé, la nourriture, l’eau et d’autres besoins humanitaires dans 12 pays africains grâce aux ressources du plan de redressement américain. Cela permettra donc de faire toute une série de choses pour aider les populations dont les besoins humanitaires ont été considérablement aggravés par la pandémie et par les perturbations correspondantes aux services sociaux et à la sécurité dans certains endroits. Ces moyens permettront de répondre aux besoins humanitaires urgents dans des endroits comme le Soudan du Sud, la Somalie, le Soudan, le Zimbabwe, le Congo et un certain nombre d’autres pays, et une fiche d’information sera publiée au cours de cet appel à laquelle vous pourrez vous reporter par la suite pour obtenir des informations complémentaires sur ce don.

Je pense que ce que cela souligne, c’est que nous essayons, autant que possible, d’apporter une réponse globale à la pandémie. Nous apportons beaucoup de réponses en matière de santé. Nous fournirons également un soutien supplémentaire sur le front de la santé dans les mois à venir afin d’étayer ce que nous faisons sur le front des vaccins, d’améliorer la préparation des pays, et également de répondre à certains des besoins cliniques et de santé publique immédiats dans le cadre de la lutte contre la pandémie tout en facilitant simultanément l’effort de vaccination. Mais nous reconnaissons également que pour de nombreuses personnes dans le monde entier, les impacts dits secondaires de la pandémie, l’impact sur l’éducation, les moyens de subsistance, l’économie locale, sont également des impacts primaires. Et donc, grâce à notre soutien annoncé aujourd’hui et à d’autres actions dans le cadre de notre portefeuille de développement, nous essayons d’apporter une assistance au niveau de tous les aspects de la vie des gens affectés par cette pandémie à la fois dans le domaine de la santé et dans d’autres domaines.

Nous nous appuyons pour cela sur des décennies de partenariat des États-Unis avec l’Afrique, c’est donc un réel plaisir pour moi d’être ici aujourd’hui avec l’un de nos principaux partenaires, le Dr John Nkengasong, et je m’arrêterai là pour lui céder la parole et c’est avec plaisir que je répondrai à vos questions. Merci.

Dr Nkengasong : Alors, Jeremy, est-ce que je prends simplement le relai ?

Konyndyk : Allez-y.

Dr Nkengasong : D’accord, bien. Merci. Merci beaucoup, Jeremy, et heureux de vous voir. Bonjour du cœur de l’Union africaine et des CDC africains en particulier. En tant que continent, à ce jour, nous avons enregistré 5 – légèrement plus – officiellement, bien sûr, 5 millions de cas de COVID-19 sur le continent avec une mortalité de 136 000 personnes. Ce qui est unique s’agissant de cette pandémie en Afrique, c’est que plusieurs pays au moment où nous parlons, environ 15 d’entre eux, voient s’approcher à grande vitesse la troisième vague, et quelques-uns d’entre eux se dirigent en fait vers la quatrième vague.

Je pense que si vous me demandiez de caractériser notre expérience de cette pandémie après un an et demi, je dirais qu’il n’y a pas de précédent aussi terrible. Elle est imprévisible, et pour l’Afrique, je dirais aussi que c’est une situation explosive. Nous pourrions en fait être assis sur un volcan prêt à entrer en éruption si nous ne faisons pas ce qu’il faut et rapidement, et que l’impact de cette pandémie sur le continent sera générationnel en termes de perturbations à nos économies, nos systèmes de santé, nos écoles et d’autres secteurs. Nous vivons une période extrêmement incertaine sur le continent.

Il y a quelques semaines à peine, nous avons vu la tendance, une tendance à la baisse, puis soudainement une tendance à la hausse brutale, et nous ne savons pas comment – quand sera le pic. Mais ce que nous savons avec certitude sur le continent, c’est que nous avons maintenant traversé trois vagues et que le pic de toute vague est généralement plus élevé que la vague précédente, et il y a généralement plus de décès résultant des vagues. Lors de la première vague sur le continent, il était très difficile de trouver des gens qui connaissaient des personnes mortes de la COVID, mais maintenant c’est très courant, presque tout le monde connaît quelqu’un qui est mort de la COVID sur le continent, et il y a certaines zones sensibles qui sont extrêmement troublantes. Je pense que c’est un point.

La deuxième chose est généralement, à l’échelle mondiale, cette pandémie nous a appris de manière essentielle que notre connectivité en tant qu’humanité et en tant que planète, la vulnérabilité que nous – ce virus nous a appris que nous sommes très, très vulnérables, très, très interconnectés, où que nous soyons, que l’on vive dans le Nord ou le Sud du monde et on a constaté les inégalités qui existent à l’intérieur du continent entre les pays et entre les régions. Je pense que c’est – clairement, nous savions que c’était le cas, mais ce virus l’a encore exposé d’une manière totalement nouvelle.

Permettez-moi ensuite de réfléchir à l’avenir. Je pense – je crois fermement que nous avons en mains les solutions pour gagner cette bataille si nous faisons trois choses : si nous faisons réellement preuve d’une coopération mondiale ; d’une plus grande coordination ; et si nous faisons preuve d’une plus grande solidarité. C’est pourquoi l’annonce par l’administration Biden de la mise à disposition de 500 millions de doses de vaccins et d’autres vaccins, des engagements envers le continent pour mener cette bataille, est extrêmement bienvenue. Nous vous en sommes reconnaissants.

Le monde a toujours été bien positionné en termes de sécurité sanitaire lorsque le leadership américain était visible. Je veux dire, je dis cela en tant que chercheur expérimenté sur le VIH depuis 29 ans et j’ai vu ce dont l’Amérique a été capable pour aider l’Afrique à lutter contre une autre pandémie, la pandémie de VIH/sida, qui est toujours là, je veux dire, même si nous n’en parlons plus tellement, et c’est l’un de ces impacts que j’ai mentionnés – l’effet de cette terrible maladie qui se fait sentir même au-delà de la COVID elle-même. Je veux dire, les domaines de notre capacité et de notre lutte, et les défis à relever pour lutter contre le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme seront tous – l’effet se fera sentir dans ces domaines pendant des années à venir.

Et je me souviens, en tant que jeune expert en santé publique en Côte d’Ivoire au milieu des années 90, à quel point le continent était désespéré face à l’incapacité, si vous voulez, à accéder à un traitement antirétroviral salvateur. Il y avait des médicaments contre le VIH disponibles à ce moment-là, et il a fallu attendre des programmes comme les mesures audacieuses et courageuses prises par l’administration américaine pour lancer le PEPFAR, le Plan présidentiel d’aide d’urgence des États-Unis à la lutte contre le sida, pour que nous commencions à voir la situation s’inverser. À cette époque, l’espérance de vie dans de nombreux pays africains était en chute libre, mais avec le lancement du PEPFAR et du Fonds mondial, je veux dire, des vies ont commencé à être sauvées, les économies ont été sauvées. À l’époque, si vous vous souvenez bien, l’ONU a adopté pour la première fois une résolution qualifiant le VIH/sida de menace pour la sécurité.

Nous nous trouvons aujourd’hui dans cette situation et nous pensons que, comme vous l’avez dit à juste titre, le partenariat est la solution. Je veux dire un partenariat solide, un véritable partenariat avec un leadership fort, et en particulier celui du gouvernement des États-Unis, sera une solution qui fonctionnera pour nous, en particulier en ce qui concerne la capacité à accéder aux vaccins de manière équitable, opportune et évolutive sur le continent.

Merci. La conversation s’annonce tout à fait passionnante.


Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/digital-press-briefing-with-usaid-covid-19-task-force-executive-director-jeremy-konyndyk-and-africa-cdc-director-john-nkengasong/

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

U.S. Department of State

The Lessons of 1989: Freedom and Our Future